Lycée Français de Madrid
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Défense européenne : des négociations sous tension autour de l’autonomie stratégique

Modélisation du Conseil de l’Union Européenne du 11 au 14 mars 2026

Défense européenne : des négociations sous tension autour de l’autonomie stratégique

Défense européenne : des négociations sous tension autour de l’autonomie stratégique

Par Sofia Pharaony et Michèle Dremeau

Les négociations sur la défense européenne ont été marquées par de fortes tensions autour des articles 2 et 3, qui visent à renforcer l’autonomie militaire du continent tout en maintenant les liens avec l’OTAN.

L’article 2 prévoit une préférence pour les équipements de défense européens dans les marchés publics. Les pays de l’Est — notamment la Pologne, la Roumanie, les États baltes et la Moldavie — ont toutefois insisté pour que l’efficacité militaire prime face à la menace russe, citant le F-35 américain comme solution immédiatement opérationnelle. À l’inverse, l’Espagne, la France et l’Allemagne ont défendu une stratégie de long terme fondée sur le développement du SCAF, futur système de combat aérien attendu pour 2035. Un compromis a finalement fixé cette échéance à 2035 et introduit une clause permettant d’acheter hors d’Europe en l’absence d’offre viable. La Pologne et la Bulgarie se sont retirées des cosignataires initiaux.

L’article 3 porte sur l’harmonisation des règles d’exportation d’armement européen et autorise un blocage temporaire des ventes vers des alliés de l’OTAN ne respectant pas les normes internationales. Malgré l’opposition des États-Unis, qui ont tenté de faire supprimer cette disposition, l’article a été maintenu après plusieurs ajustements.

Ces débats révèlent une fracture persistante entre l’urgence sécuritaire ressentie par les pays de l’Est et la volonté de construire une autonomie stratégique européenne sur le long terme.