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Restitution des Œuvres d’Art : Un Témoignage Clé sur un Débat Brûlant

Modélisation du Conseil de l’Union Européenne du 19 au 22 mars 2025

Restitution des Œuvres d’Art : Un Témoignage Clé sur un Débat Brûlant

Restitution des Œuvres d’Art : Un Témoignage Clé sur un Débat Brûlant

Le débat sur la restitution des œuvres d’art pillées est plus que jamais au cœur des discussions internationales. Lors d’une récente simulation de procès dans la Cour Internationale de Justice, de nombreuses nations ont confronté leurs arguments, mais c’est le témoignage de Vincent Négri (monsieur Luque Romero), expert en droit du patrimoine culturel, qui a marqué les esprits.

Vincent Négri a souligné que les artefacts pillés ne sont pas de simples objets décoratifs. Depuis l’Antiquité, ils sont porteurs d’une identité culturelle et spirituelle, donnant une voix aux dieux et protégeant les communautés qui les vénèrent. Enfermer ces objets dans des musées occidentaux revient à leur arracher leur essence. Dans certaines cultures, ces œuvres sont toujours utilisées lors de cérémonies et de danses visant à invoquer les esprits  des ancêtres. Les priver de leur contexte d’origine, c’est commettre un acte de spoliation non seulement matérielle, mais aussi identitaire.

Le témoin a insisté sur le fait que la restitution n’est pas qu’une question de justice, mais une nécessité vitale pour les peuples concernés. Il s’agit de rendre aux pays pillés la mémoire et la dignité qui leur ont été arrachées de force.

L’absence de ces œuvres a laissé un vide immense pour les nations spoliées. Comment reconstruire une identité culturelle lorsque des pans entiers de son patrimoine ont été déracinés et dispersés à travers le monde ? Selon Négri, la présence des artefacts dans des musées occidentaux a permis à certaines institutions de tirer profit de leur exposition, renforçant encore l’injustice historique.

L’expert a renforcé cette argumentation en soulignant que la possession actuelle de ces œuvres par les anciennes puissances coloniales est illégitime. Les pays concernés ont aujourd’hui les moyens de recevoir et d’exposer leur patrimoine dans de bonnes conditions. Plutôt que de vider tous les musées du monde, une collaboration pour accompagner cette restitution est possible.

Face à ces arguments, plusieurs pays ont défendu le maintien des œuvres dans les musées occidentaux. Les États-Unis ont avancé que ces objets d’arts, exposés dans des métropoles comme Londres ou New York, bénéficient à l’humanité entière en étant accessibles à un plus grand nombre de visiteurs. Pourtant, ce raisonnement a été vivement contesté : en quoi exposer une œuvre au Bénin empêcherait-il les touristes de la voir ?

Le Royaume-Uni, quant à lui, a tenté de détourner la discussion en posant une question provocante sur l’Algérie, cherchant ainsi à éviter de répondre directement à la question de la restitution. De son côté, le Maroc a défendu la capacité des pays africains à récupérer et préserver leur patrimoine grâce aux ressources financières et au soutien de l’UNESCO.

L’intervention de Vincent Négri a mis en lumière une réalité incontournable : la restitution des œuvres n’est pas seulement une question de propriété, mais un enjeu de respect, de mémoire et d’identité. Tant que ces artefacts resteront hors de leur contexte d’origine, l’histoire des nations spoliées demeurera incomplète

Pour terminer la journée, les juges ont déclaré le procès de négociations ouvertes et ont proposé un accord de règlement amiable entre les parties. Toutefois, les divergences restent profondes, rendant difficile l’adoption d’une résolution unifiée.

 

Carla Manso et Carla Taraboulsi